Traite des êtres humains : Agir pour protéger la liberté et la dignité des femmes
08 mars 2026
À l’occasion de la JIF, La Coordonnatrice résidente appelle à renforcer la prévention, la protection et la justice pour lutter contre la traite des femmes
Messieurs, les représentants du ministère des affaires étrangères de la communauté nationale à l’étranger et des affaires Africaines ; Son excellence Mme l’ambassadrice du royaume des Pays-Bas en Algerie, Mme Anne Luwema ; Mesdames et Messieurs les partenaires institutionnels ; Honorable assistance,
Tout d’abord je tiens à remercier l’ONUDC pour l’organisation de cette journée, je remercie également tous les partenaires, notre bailleur le Royaume des Pays-Bas, ainsi que les agences du système des nations unies, qui nous gratifient aujourd’hui de leurs présences.
Nous voici donc réunis à l’occasion de la Journée internationale de la femme. Une journée de célébration, de fierté, et de commémoration des conquêtes sociales, économiques et politiques.
Mais c’est aussi un jour de vigilance. Car derrière les bouquets de fleurs et les discours, il ne faut pas oublier que des millions de femmes, aujourd’hui, dans l’ombre, sont privées du plus fondamental des droits : la liberté.
C’est pourquoi j’ai souhaité que cette cérémonie mette en lumière un fléau mondial trop souvent invisible : la traite des êtres humains, une violence extrême faite aux femmes.
Le lien entre la condition féminine et la traite est malheureusement indissociable. Dans le monde, selon l'ONU, plus de 70 % des victimes de la traite détectées sont des femmes et des filles, parce que la traite prospère là où il y a des inégalités, elle prospère sur la pauvreté, les discriminations et le manque d’opportunités. Elle transforme la vulnérabilité des femmes en marchandise.
La traite, c’est ce crime odieux qui prend plusieurs visages : celui de l’exploitation sexuelle, la forme la plus répandue, où des femmes sont réduites à l’état d’objets, vendues et contraintes. Celui du travail forcé, où des femmes travaillent sans salaire, sans repos, confinées derrière les portes closes des maisons. Celui des mariages forcés ou de la mendicité imposée.
Ces femmes sont piégées par des promesses de lendemains meilleurs, un emploi, une vie décente. Elles se retrouvent prisonnières, contrôlées par la violence, la dette ou la menace.
Face à cela, notre responsabilité collective doit être engagée , Certains pourraient penser que ce phénomène est lointain, qu’il ne concerne que des pays en guerre ou des régions reculées. C’est faux. La traite est une réalité bien trop proche de nous. Elle existe dans nos villes, dans nos campagnes. L’esclavage moderne n’a pas disparu, il a juste changé de costume.
En cette journée du 8 mars, nous devons affirmer haut et fort que le corps des femmes n’est pas un territoire à conquérir, ni une marchandise à vendre. Le corps des femmes est le premier territoire de leur liberté.
Pour faire face à ce crime, il faut agir par :
1. la prévention et l’éducation : En apprenant aux jeunes filles leurs droits, en leur donnant les armes de l’indépendance financière et intellectuelle. Une femme informée est une femme qui peut se défendre.
2. la protection des victimes : En finançant et en soutenant les associations qui recueillent ces femmes brisées, leur offrent un toit, un soutien psychologique et juridique pour se reconstruire. Nous devons leur tendre la main, pas leur tourner le dos.
3. Par la répression des trafiquants : En exhortant les autorités judiciaires et policières à traquer sans relâche ces réseaux criminels qui prospèrent sur la misère humaine.
Pour conclure, aujourd’hui, nous honorons les femmes. Mais honorer les femmes, c’est aussi lutter pour celles qui ne peuvent pas être parmi nous aujourd’hui, parce qu’elles sont séquestrées, parce qu’on leur a volé leur passeport, parce qu’on les a réduites au silence.
En luttant contre la traite des êtres humains, nous ne défendons pas seulement les femmes ; nous défendons l’humanité tout entière. Nous défendons l’idée que la dignité n’a pas de prix et que la liberté est un droit inaliénable.
Ensemble, brisons les chaînes de l’indifférence. Ensemble, bâtissons un monde où chaque femme, où qu’elle soit, pourra enfin vivre, travailler et aimer en paix.