Allocution de Mme Savina Ammassari à l'occasion de la célébration conjointe ONU80–Diplomatie algérienne : “bâtir un monde de paix, de justice et de solidarité”
L’ONU et l’Algérie, deux histoires, une même vision : bâtir un monde de paix, de justice et de coopération.
Excellence Monsieur le Ministre d’Etat des Affaires Etrangères, de la Communauté Nationale à l’Etranger et des Affaires Africaines, Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres, Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et membres du corps diplomatique, Distingués invités, chers collègues,
C’est pour moi un grand honneur de m’adresser à vous en ce jour exceptionnel, qui unit deux célébrations de portée historique : le 80ᵉ anniversaire de l’Organisation des Nations Unies et la Journée de la diplomatie algérienne.
Nous sommes réunis pour célébrer une double histoire : celle de l’ONU, née de la volonté des peuples de bâtir un monde de paix après les épreuves de la Seconde Guerre mondiale, et celle d’une diplomatie algérienne qui, dès l’adhésion de l’Algérie à l’ONU, le 8 octobre 1962, a inscrit son action dans une vision claire : celle du multilatéralisme, de la solidarité internationale, et du respect de la souveraineté des peuples.
En cette journée, du 8 octobre, empreinte de symboles et de sens, je tiens à vous exprimer, Monsieur le Ministre Attaf, ainsi qu’à l’ensemble des diplomates algériens – jeunes talents et figures chevronnées - mes plus sincères félicitations. Votre engagement, votre dévouement et votre contribution à la promotion des valeurs de paix, de dialogue et de coopération méritent d’être salués avec respect et reconnaissance.
Comme l’a rappelé récemment à New York le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres lors de la commémoration mondiale des 80 ans de l’ONU, les premiers bâtisseurs de l’Organisation des Nations Unies n’étaient pas des idéalistes naïfs, mais bien les témoins des pires atrocités de l’histoire de l’humanité.
Ils savaient, par expérience douloureuse, que la paix n’est pas une utopie. Elle est, au contraire, le choix le plus courageux, le plus nécessaire, le plus pratique.
Aujourd’hui encore, ce message résonne avec force : dans un monde où les conflits s’aggravent, où le droit international est trop souvent violé, et où les civils en paient le prix – la paix doit rester notre boussole et notre combat commun.
En 1945, au lendemain de la seconde guerre mondiale, les fondateurs de notre organisation avaient une conviction : seule l’unité des nations pouvait prévenir les conflits et construire un avenir de dignité pour tous.
Quatre-vingts ans plus tard, notre monde est confronté à de nouveaux défis :
- des tensions géopolitiques persistantes
- la triple urgence environnementale
- les inégalités économiques et sociales
- et la nécessité urgente de transformer nos modèles de développement pour qu’ils soient durables et inclusifs.
Ces défis nous rappellent que la promesse de la Charte des Nations Unies reste d’une brûlante actualité.
L’Algérie a inscrit son action diplomatique dans cette vision.
- De la lutte contre l’apartheid à l’appui aux causes de libération nationale,
- de la promotion du multilatéralisme à son rôle actif de médiation régionale,
- l’Algérie est reconnue comme un acteur incontournable pour le dialogue et la coopération.
Cette tradition se perpétue aujourd’hui, à travers des initiatives pour la stabilité régionale, pour la solidarité avec l’Afrique et pour la défense des intérêts du Sud global.
C’est pourquoi il est si significatif de célébrer ensemble, ici, à Alger, ce double anniversaire : l’ONU et la diplomatie algérienne se rejoignent dans un même engagement au service de la paix et du développement durable.
Mesdames et messieurs,
Aujourd’hui, comme l’a souligné le Secrétaire général des Nations Unies, les principes de la Charte sont mis à rude épreuve :
- La guerre et les violences se poursuivent au Soudan, en Ukraine, à Gaza et dans de trop nombreux pays.
- La pauvreté et la faim progressent, alors que les Objectifs de développement durable connaissent des retards inquiétants.
- Et notre planète brûle, victime du dérèglement climatique, des inondations, des sécheresses et des records de chaleur.
Nous entrons dans un monde multipolaire.
Mais, sans institutions multilatérales fortes, cette multipolarité peut devenir instabilité.
C’est pourquoi il est essentiel de renforcer l’ONU et de renouveler ses fondations.
C’est dans cette perspective que le Pacte pour l’avenir a été adopté au sommet de 2024.
Ce Pacte vise à repenser notre gouvernance mondiale, à donner plus de place aux pays du Sud et à renforcer la solidarité entre les nations.
L’Algérie, par sa diplomatie équilibrée et sa vision panafricaine, a un rôle crucial à jouer pour inspirer ce multilatéralisme rénové, plus juste, plus inclusif et plus efficace.
Mesdames et Messieurs,
L’Algérie est activement mobilisée sur tous les volets du Pacte pour l’Avenir et les Objectifs de développement durable, tant sur le plan international qu’à l’échelle nationale.
Le pays avance avec détermination : diversification économique, transition énergétique, sécurité alimentaire, protection sociale, investissement dans la jeunesse et les femmes.
Par la mise en œuvre de notre Cadre de coopération pour le développement durable 2023–2027, les Nations Unies sont partenaires du Gouvernement algérien dans l’accompagnement de ces priorités nationales.
Ensemble nous travaillons sur des solutions accélératrices vers les 17 Objectifs de développement durable, selon des approches intersectorielles mettant à profit la diversité et les complémentarités des expertises et mandats des 22 agences, fonds et programmes du système des Nations Unies impliquées dans cette coopération.
Cette fructueuse coopération est guidée par la volonté commune de ne laisser personne pour compte et d’assurer un avenir digne pour tous.
C’est pourquoi, les Nations Unies et l’Algérie continuent de coopérer étroitement pour apporter un appui aux réfugiés Sahraouis présents dans des camps non loin de Tindouf, et ce malgré les défis financiers colossaux de cette opération humanitaire dans le contexte mondial de multiplication des crises.
A ce titre, je souhaite souligner, le rôle central que le Gouvernement algérien joue dans l’aide humanitaire envers les refugies Sahraouis et je tiens à le remercier très sincèrement aujourd’hui devant vous.
J’adresse également mes sincères remerciements à vous, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et membres du corps diplomatique, partenaires précieux de notre action humanitaire en faveur des réfugiés sahraouis.
En Algérie, les Nations Unies et le Gouvernement collaborent aussi étroitement pour promouvoir une migration régulière, ordonnée et sûre, qui maximise les bénéfices pour les pays d’origine, de transit et de destination. Ce partenariat vise à renforcer les mécanismes de gestion migratoire, à garantir l’accès des migrants aux services essentiels tels que les soins de santé et la vaccination des enfants, et à faciliter des parcours de retour et de réintégration durables. Il répond également à une volonté commune de ne laisser personne de côté, en assurant une approche inclusive et respectueuse des droits humains.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Les fondateurs de l’ONU savaient que le seul chemin possible était celui de l’unité.
Aujourd’hui, notre responsabilité est de faire vivre cet héritage, avec clarté, courage et conviction.
L’ONU et l’Algérie partagent une même ambition : bâtir un monde de paix, de justice et de solidarité.
Ensemble, faisons en sorte que, demain, nous puissions dire – oui, nous avons su relever les défis de notre temps, et – oui – nous avons tenu les promesses de la Charte des Nations Unies.
Je vous remercie.